#3 bis – « On fait toujours le meilleur choix possible au moment T »

« On fait toujours le meilleur choix possible au moment T »

Ok, j’ai menti, c’est pas vraiment la fin. On achève la séance en ouvrant le bal des rencontres ! Notre première nageuse a récemment quitté le chlore pour la nage en eau libre. Elle vient nous parler ré-orientation, prise de recul et de perspectives de carrière… bref, de choix d’orientation.

🐚 Mic on

Coucou, et bienvenue ! Trop cool d’avoir accepté de venir échanger sur ton parcours. Tu peux me dire comment tu as atterri dans l’ESS ? J’ai cru comprendre que tu ne te destinais pas du tout à ça. 

Bien sûr ! Effectivement, j’ai un parcours un peu atypique [rires]. J’ai quitté mes études en biologie pour faire de la gestion de projet. Là, je suis en Master 1. 

En fait, j’ai eu un déclic pendant une mission dans une réserve naturelle d’Afrique du Sud. Voir à quel point l’environnement était monétisé m’a vaccinée. Si tu ne vois pas de quoi je parle, imagine toi 5 jeeps autour d’un lion… C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je passe de l’autre côté pour pouvoir aider à faire bouger les choses. Et c’est comme ça que je suis arrivée chez makesense. Mais attention, je garde ma casquette de biologiste comme je travaille sur le biomimétisme !

Trop intéressant ! J’avoue que des fois j’ai du mal à me projeter dans “le monde de demain”. Tu penses qu’on peut vraiment embarquer tout le monde pour changer nos manières de faire ? 

Oui, dans le fond tout est une question de discours et de justesse médiatique. Il faut arriver à trouver un moyen de toucher personnellement les gens sinon ça ne marche pas.

Après sur la temporalité… la nature et l’Histoire nous le montrent : pour opérer, le changement doit être radical. On avance par bond, je ne pense pas qu’on puisse vraiment parler de transition. Je pense que c’est pareil pour nos modèles de société actuels. Par contre impossible de te dire dans quelle direction on ira 🤷‍♀️ 

Intéressant comme vison des choses ! On pourrait limite penser l’évolution pro sur ce modèle historique ou biomimétique. En fait c’est un peu l’image que j’ai des déclics-démissions. Radical mais efficace. Revenons-en à nos moutons. Comment as-tu vécu ton changement d’orientation ? Et maintenant, tu la vois comment ta carrière ?

À chaque fois qu’on doit choisir on se dit que c’est pour la vie, mais pas du tout ! Dans l’idéal je me vois bien changer de métier tous les 5-10 ans. Je n’exclus pas du tout le fait de monter mon propre projet sur le biomimétisme, c’est un sujet tellement passionnant ! Mais pour être honnête, je me laisser porter par mes intérêts, donc je ne suis sûre de rien. Je me suis rendue compte que je n’avais pas envie de faire de compromis. Le pire qu’on puisse faire c’est les thunes. En plus j’ai l’impression qu’il y a ce rapprochement malsain entre la réussite et le bonheur qui fait que si on gagne bien on a pas le droit de se plaindre. Je sais bien que faire un choix c’est parfois perdre, mais il faut se dire que les décisions qu’on prend sont toujours les meilleures pour nous au moment où ont les fait. 

C’est pour ça que je reproche au système éducatif son cloisonnement. On a pas le temps d’explorer. Si tu regardes les parcours qu’on nous propose, c’est encore très tubulaire ! On ne nous offre que des options fermées, je trouve ça dommage. J’imagine bien un système où on pourrait choisir ce qui nous correspond. En soi, on a tous la capacité de le faire. Au fond, on sait ce qui nous intéresse [ou nous intéresserait] de faire. Ça permettrait de modeler notre parcours à notre personnalité. Et d’arrêter de devoir faire ces compromis dont je parlais. 

Quoiqu’il en soit, on a clairement un problème de transmission. 

Pour le reste… je ne pourrais pas trop te répondre. Ma famille et mes amis m’ont simplement dit “ok” quand je leur ai partagé mon envie de changement. Mais je conçois que ça puisse être difficile d’oser selon le contexte. 

C’est sûr que l’environnement fait beaucoup à la prise de décision. Dernière question : tu dirais que ta quête de sens est venue d’où ? 

Elle a été très liée à la remise en question pour moi. C’est comme le père Noël dans un sens. C’est difficile de questionner une chose par rapport à laquelle on s’est construit ! Et une fois que ça s’effrite, ta perception des choses change forcément.

Ma prise de recul s’est faite progressivement. Le voyage et la rencontre de personnes inspirantes ont beaucoup joué. En fait, quand tu sors de ton quotidien tu t’autorises à te voir vivre, simplement. 

Et si tu veux une comparaison plus biologique, je dirais que c’est comme la mitose.

La quoi ? 

La mitose. C’est quand les cellules se divisent ! Dans ce processus aussi tu as un moment de repos. Tous les organismes vivants sont calés sur ce modèle. Regarde nous : on a besoin de dormir la nuit. C’est là qu’on se régénère. D’où le lien avec l’orientation.

Wow c’est génial comme comparaison ! Je ne connaissais pas du tout ce phénomène. Je ne suis pas certaine de me souvenir du terme exact [Spoiler alert: I didn’t], mais je garderai le concept en tête. Je suis persuadée aussi que prise de conscience et pause sont liées. En tout cas ça a énormément joué pour moi. Merci encore d’avoir partagé ton histoire !

🐚 Mic off


À très vite pour un nouveau plongeon 🐋 

Apolline

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