#6 – Le plat ou la crise ?

Avec Our Millennials Today, on part à la rencontre d’étudiant·es et jeunes diplômé·es qui se sont jeté·es dans le grand bain du travail. On parle aussi éducation et orientation scolaire dans les Grandes Écoles. Athlète confirmé·e ou newbie en brassard, bienvenue 🎣


🐟 Avant le plongeon

« COVID 19 is the new ligaments croisés » (stolen)

Hola ! Tu t’en souviens peut-être, la première fois que j’ai enfilé mes brassards pour cette newsletter, je m’interrogeais sur les potentiels effets du COVID 19 sur le marché du travail. Depuis, quelques entrainements sont passés, mais le questionnement reste le même. En deux semaines au travail, j’ai vu pas moins de 5 personnes venues déposer leur cv dans l’espoir de décrocher un stage ou une alternance en dernière minute. Sur mon feed Linkedin s’enchainent cv comme appels à l’embauche, et autour de moi les personnes en recherche d’emploi ne se comptent plus. Je ne parle pas de ceux·celles qui, comme moi, ont choisi un chemin de traverse “en attendant que ça passe”, ni de la fameuse expression à la mode : « la génération sacrifiée ». Car il est vrai, l’inactivité des jeunes travailleurs – qui a connu un bon au premier semestre – est un dommage collatéral de la crise. Selon Challenges, ce ne sont pas moins de 715 000 emplois qui ont été “détruits” par le COVID 19 au premier semestre 2020.

« En période de crise, le chômage des jeunes augmente plus fortement que pour le reste des actifs, comme ce fut le cas en 2009 où les 15-24 ans ont subi la plus forte augmentation. « Ils seront les premières victimes d’un tarissement des embauches », prédit le Conseil d’analyse économique (CAE), un groupement d’économistes rattachés à Matignon qui rappelle qu’une non-activité des jeunes peut induire un abaissement durable des perspectives de carrière. » Les Échos

Je me suis donc demandée ce que faire le grand saut en 2020 pouvait ressembler. Quel modèle de bouée choisir pour assurer la flottaison dans un contexte difficile ? Le plat est-il assuré quelque soit la technique ? On continue d’explorer le sujet en deuxième partie d’édition avec notre jeune espoir du jour.

Fasten your bouée we’re about to take off 🏊‍♀️

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🦀 L’inconnu

« 750 000 jeunes arrivent cet automne sur un marché du travail sinistré » Les Échos

En 2019, 85% des jeunes diplômé·es se déclaraient confiant·es concernant leur avenir professionnel (Les Échos)

On le sait, le marché du travail actuel est aux antipodes de ce qu’il était l’an dernier, voir il y a quelques mois. Des 79 % des entreprises prévoyant de recruter cette année, seules 50 % réaffirment ce voeu post-confinement (Les Échos). Pour les autres, fini le soleil des tropiques (version déprime je le reconnais), la tendance est au bain nordique ; soit, au gel des recrutement.

« On nous a annoncé que les embauches allaient être gelées alors même que notre entreprise ne souffrait pas de ralentissement d’activité pendant le confinement – au contraire. Les dirigeants avaient peur d’une crise à l’automne et préféraient anticiper au plus tôt » témoignage d’un·e millennial travaillant dans le secteur du e-commerce

De nombreuses entreprises semblent avoir adopté la même stratégie, laissant sur le bord du bassin pléthore de jeunes surentrainés et pourtant désarmés face à la situation. Celle-ci n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle des années 2008-2010 pendant laquelle 5 millions d’emplois ont disparu (Cairn).


COVER Newsletter Our Millennials Today Le plat ou la crise - Jeune qui saute dans l'eau

🦑 Adieu la mobilité ?

Destination : point de départ

« 5% des jeunes diplômés quittent leur premier poste avant trois ans. Presque un tiers restent moins d’un an. Les employeurs n’ont d’autre choix que de s’adapter » Les Échos

Ça, c’était avant. Aujourd’hui la tendance est inverse, les étudiant·es semblent vouloir se plier plus facilement aux exigences des employeurs, car l’important est d’avoir “quelque chose”. L’origine du “pouvoir” des jeunes diplômé·es résidait dans la multiplicité des choix qui s’offraient à eux·elles. Le levier de négociation en entretien résidait dans la concurrence des entreprises prêtes à embaucher de jeunes profils “compétitifs”. L’offre étant désormais plus ténue que la demande, c’est à la seconde d’adapter ses désirs (et abaisser ses standards ?).

« Entre janvier et avril 2020, les offres d’emploi destinées aux jeunes diplômés ont dégringolé de près de 65 % par rapport à 2019 sur la même période, selon l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) » Les Échos

Face à cette disette, chacun·e adopte une stratégie de survie différente dans le grand bassin de l’emploi. Pour certain·es, la réponse se situe dans la reprise d’études pour combler le vide potentiel et ajouter une bouée à leur attirail. Pour d’autres bénéficiant encore du régime étudiant, l’échappatoire sera dans le stage ou une alternance (coucou c’est moi 👋). 

(Toujours ) Selon Les Échos, 44 % des jeunes diplômés ont vu leur l’entrée dans la vie active retardée en cette rentrée. 

Pour ma part, j’avoue avoir ressenti une once de culpabilité lorsque j’ai compris que mon sursis de stage impliquait que j’allais – d’une certaine façon – prendre le poste d’un·e jeune en formation (les vases communicants tu connais🦈). Je me demande d’ailleurs quelle sera la situation en 2021. Serons-nous un tsunami force 140 000 000 à débarquer sur le marché du travail ? La crise sera t-elle encore d’actualité ?

 « Comme lors de la crise de 2008, il y devrait y avoir une entrée dans l’emploi légèrement retardée et des périodes d’essai un peu plus longues mais rien d’alarmant. » Julie Joly pour Les Échos


👀 So what ?

La conclusion ? Je n’en ai pas. Comme dirait notre athlète du jour “on a pas de recul, attend toujours le mois suivant pour voir quelle sera la situation demain” (pour lire l’entretien, c’est juste en dessous👇)

La vraie conclusion est là : je cherche des personnes en sortie d’étude en 2020-2021 pour échanger. Mes questions principales : comment abordes-tu cette période ? Quelle stratégie as-tu adopté ? Pourquoi ? Cela t’a-t-il donné envie de tout lâcher pour ouvrir ton coffee shop lactose & gluten free dans le 2ème arrondissement ? Ou au contraire cela t’a-t-il fait envisager le principe de carrière (stable) différemment ? 


🛠 Quelques ressources avant de se quitter

👉 Une tribune écrite dans Challenge par des jeunes de moins de 40 ans. Le sujet ? Les effets de la crise sur les plus jeunes, notamment sur le secteur de l’emploi

👉 #1 – Insertion pro : la poursuite d’études comme opportunité de croissance des écoles 📈 par Medhi Cornilliet dans sa newsletter La Revue Edtech. On y explore l’option des Grandes Écoles et MBA comme une potentielle bouée de sauvetage en période incertaine

👉 L’article Jeunes Européens en temps de crise (Cairn) explore les effets qu’ont les crises sur l’employabilité des jeunes en se concentrant sur le contexte socio-économique des années 2010 à aujourd’hui

👉 Le livre Activez vos Talents, ils peuvent changer le monde de Matthieu Dardaillon co-fondateur de Ticket for Change. Les outils associés sont ici

👉 Tu peux retrouver toutes ces ressources sur La toolbox de l’orientation que j’utilise pour m’aider à m’orienter dans la vie


À très vite pour un nouveau plongeon 🐋

Apolline

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