Burnout, brownout, bore-out késako ? #1

Burnout, brownout, etc. en ce moment, j’ai l’impression que de nouveaux termes en out apparaissent souvent autour de moi, comme les baby nageur·ses dans la pataugeoire le dimanche matin. Mais, que veulent-ils dire ?

Petite série de posts autour de ces termes inspirée par l’atelier de Chorum sur le sujet du burnout au festival Empow’her 2021. Aujourd’hui on se penche sur le premier : le burnout.

la santé mentale, le mal du siècle ?

Selon l’Inserm, une personne sur quatre souffre ou souffrira d’un trouble de la santé mentale dans sa vie. L’OMS quant à lui, statue dans une de ses études que, d’ici 2030, la santé mentale pourrait devenir leur priorité numéro une. La raison ? 6% de la population occidentale a connu la dépression qui est, à ce jour, la deuxième affection la plus fréquente au monde.

Ces chiffres, parus bien avant la coulée collective du COVID19, peuvent alarmer – à juste titre. Pourtant, ils soulignent une tendance de fond dans la piscine mondiale : nous sommes beaucoup à avoir laissé la santé mentale au vestiaire.

Enfin, si ce petit florilège ne t’a pas suffit, laisse moi terminer avec ceci : les moins de 35 ans en France sont les plus en proie à l’anxiété, le stress et les pensées suicidaires (Les Échos).

Alors certes me diras-tu, un burnout n’est pas une dépression et vice-versa (même si les deux sont malheureusement souvent liés). En revanche, cela témoigne de notre besoin d’ouvrir la parole sur le sujet et de trouver des solutions concrètes pour :

  1. améliorer notre environnement de travail
  2. trouver un équilibre de vie moins nocif
  3. créer des espaces d’échange et de sensibilisation safe pour prévenir de trop boire la tasse

mais alors, ça veut dire quoi burnout ?

Revenons à nos eaux moutonneuses, veux-tu ?

Certes, je te disais il y a quelques lignes que burnout ≠ dépression. Mais pourquoi donc ?

La dépression est une maladie clinique – qui peut s’évaluer de manière autonome ou avec l’appui d’un·e maître·sse-nageur·se. Ses symptômes peuvent être : sentiment d’épuisement, estime de soi faible, sensibilité accrue et, parfois, pensées suicidaires etc.

Le burnout, bien que partageant beaucoup de symptômes similaires avec la dépression, fait écho à un sentiment de combustion interne – d’où le terme burn. De fait, lorsqu’on est en burnout, on se sent bien souvent… cramé·e.

quels sont les signes ?

Le burnout c’est comme la prise de masse avant de se lancer en eaux libres : ça n’arrive pas en un jour. Voici les étapes – et les signes avant-coureurs correspondant à chacune d’entre elles – pouvant te mettre la puce à l’oreille. Ready?

1. lune de miel au bord de l’eau

On vit sa meilleure vie au travail, rien ne laisse supposer qu’un jour, une ombre pourrait venir ternir le tableau. Ici, pas de signe particulier

2. le surmenage, quand apprendre la brasse devient trop prenant

Cette étape marque le début du cercle vicieux. La machine s’emballe, et on arrive pas à dire stop. Les journées semblent s’allonger, la pile de travail s’accumuler. Ce qui nous semblait être une balade natatoire du dimanche se transforme en surentraînement.

Comment reconnaître les signes du surmenage ? Renfermement sur soi, manque de temps pour des activités autres que le travail (voir ses potes, aller à son cours de poterie ou ne serait-ce que voir la lumière du jour au cours d’une balade quotidienne), fatigue chronique qui s’installe et/ou insomnies (bref, ton sommeil se dérègle t’as compris le bail)

Comment contrer cela ? En amont, analyser ses limites (et s’en fixer). Pour celleux qui, comme moi sont incapables de se tenir à ce qu’iels se fixent et ont besoin d’un cadre : vous pouvez identifier ces limites ET prévenir vos proches de ces points d’alerte. De cette manière, ils pourront vous aider à casser la dynamique. Et sinon, le plus dur mais le plus efficace : apprendre à dire « non » pour éviter de se surcharger au travail. Spoiler alert : ça demande un travail sur soi plutôt long mais bénéfique sur le long terme !

3. l’acharnement « on a rien sans rien »

Ici, on enfile les lunettes à œillères pour entrer en mode tunnel, comme un robot. Plus rien ne compte que le travail et tant pis pour le reste. La sensibilité – comme le fun qui fut un jour le notre – reste aux vestiaires, enfermé dans notre casier en attendant de jours meilleurs.

Comment reconnaître les signes ? Idem que pour l’étape du surmenage, seulement, ces symptômes sont accrus. De plus, l’on nage de manière automatique, comme si les émotions nous avaient quitté (comme notre joie de vivre..)

Comment contrer cela ? Comme lors du surmenage, tenter de (se) garder un temps pour soi et faire retomber la pression entre deux longueurs. Possiblement, faire remonter ce mal-être auprès de ses supérieur·es hiérarchiques pour se faire accompagner et alléger sa charge de travail.

4. désillusion : nager n’en vaut plus la peine

Dans cette phase, on a tendance à devenir cynique, acerbe, voire même aigri·e. Que l’on parle de notre club de nage ou de nos séances d’entraînement, plus rien ne semble avoir de sens à nos yeux. Cette étape est le dernier palier avant

5. l’effondrement aka le burnout.

Là, les frites (de piscine) sont cuites, et notre mental se fait la malle. S’il y a un point de non retour, c’est celui-ci. On se réveille un matin, épuisé·e, en pleurs à l’idée de devoir se lever pour aller faire ses brasses habituelles et on se rend à l’évidence. Il est temps d’arrêter.

Ici, les symptômes comme la résolution sont limpides. Il est temps d’écouter son corps et de sortir du bassin pour s’arrêter. Souvent, ici, il n’y a pas de choix (et c’est tant mieux).

6. bonus : la remise en forme.

Aucune temporalité ici, cette étape est à l’appréciation de chacun·e.


Envie de creuser ces questions de changement plus avant et préparer ton grand saut ? Je t’invite à explorer notre podcast et newsletter ainsi que le programme d’introspection La Culbute. Celui-ci a été créé pour t’aider à prendre du recul au bord du bassin et explorer ta relation au changement.


prévenir le burnout, mission impossible ?

Au cours de l’atelier Chorum pour le festival Empow’her, la dernière partie était dédiée à la question « Comment prévenir le burnout ? »

Parmi les réponses, deux teams sont apparues dans le bassin : celle pour la responsabilité individuelle VS. celle pour la responsabilité de l’entreprise (un débat qui n’est pas sans rappeler celui sur l’écologie…)

Pour la première, il semblait évident que c’est à l’athlète concerné·e d’identifier ses limites, en parler avec ses supérieur·es hiérarchiques et enrayer la machine si le rythme de nage s’accélère. Les deuxièmes (dont je fais partie), considéraient qu’il était de la responsabilité de l’employeur·se de former ses managers (et aspirant·es managers) à accompagner chacun·e pour éviter les situations de burnout. Comment ? Via le développement de soft-skills comme l’écoute, la CNV, la capacité à fournir des retours bienveillants et constructifs etc. qui contribuent à créer un environnement de collaboration SAIN.


quelles ressources sur le thème ?

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