parler de sa paumitude autour de soi, pourquoi ?

faire genre, mais pourquoi ?

Un jour, alors qu’on parlait paumitude cercles de parole et coaching de groupe entre potes, quelqu’un nous a raconté cette anecdote :

« Avant de commencer l’atelier j’ai un peu flippé·e. Je m’étais assis·e à côté d’une personne qui, visiblement, n’avait rien à faire ici. Enfin, pas rien mais cette personne avait l’air assez sûre d’elle, parlait de sa situation professionnelle avec passion et contentement comme si rien ne la dérangeait vraiment. En plus iel cochait toutes les cases de la réussite. Iel faisait un graduate dans une grosse boîte, gros salaire, etc. Moi j’étais en plein questionnement existentiel donc laisse moi te dire que j’avais du mal à comprendre.

Mais c’était super bizarre parce qu’une fois l’atelier commencé iel a tenu des propos à l’inverse total de son discours initial.

J’ai trouvé ça ouf de se dire qu’il y avait une injonction sociale telle qu’iel se sentait limite obligé·e de tenir ce genre de propos et donner le change. Alors que bon…. autour de la table on était une bande de gens en reconversion ou du moins en grand questionnement par rapport au travail. »


parlons paumitude…

En vérité, l’anecdote ne m’a pas vraiment étonnée. Une des raisons pour lesquelles j’avais commencé à collecter des témoignages sur la version initiale du site Our Millennials Today, c’était justement parce que j’avais l’impression qu’autour de moi tout le monde savait dans quelle direction nager une fois diplômé·e…. à part moi (lol).

Ce n’est qu’en posant la question individuellement à ces potes qui assuraient que je me suis rendue compte qu’en fait, iels étaient beaucoup à faire « comme si on savait » alors que pas du tout.

J’ai trouvé ça dingue.

Je suis pas fan de certaines punchlines bullshit omniprésentes dans nos vies qui alimentent nos insécurités (ouais j’pense clairement au « Fake it until you make it »). Mais là, j’ai trouvé ça chaud de voir que toutes les sphères de notre existence sont affectées par cette culture de la représentation qu’on alimente – via, notamment, les réseaux sociaux. Parce qu’entendons-nous, quand l’athlète de la ligne d’à côté – qui galère à maîtriser le papillon tout autant que toi – ne montre que des clichés d’iel souriant·e, de s’entraîner avec brio, bien sûr que j’vais pas oser aller toquer à sa porte lui faire part de mes soucis ou doutes.

Ben c’est la même en orientation. Voir sur insta, linkedin (ou même les réseaux alumni) que tout le monde a l’air de vivre sa meilleure vie au travail n’incite pas vraiment à verbaliser sa paumitude.

…mais parlons en, vraiment

Pourtant, s’il est une leçon qu’on a retenue lors de nos échanges Au bord du bassin, c’est bien celle-ci : il faut parler de nos questionnements. À nos proches – comme Claire a pu le faire avec ses parents –, à des conseiller·es d’orientation – si on en a sous la main et/ou qu’on leur fait confiance pour nous écouter et nous aiguiller, ou bien encore dans des cercles de parole pour rencontrer nos pairs.

De deux choses l’une : c’est en communiquant que certaines situations se débloquent ; et surtout, si personne ne mont(r)e la voix(e), personne n’osera le faire en retour.

« On entend beaucoup celles et ceux qui ont confiance, qui réussissent, mais tu n’es pas seul·e à te poser des question » Claire


faire face en bande (paumée)

Que faire lorsqu’on a commencé son processus de réflexion ? Vers qui se tourner pour en parler ?

« Je ne me sens pas prêt·e à en parler autour de moi, mon projet est encore flou »

« J’ose pas parler de mon sentiment de paumitude autour de moi… surtout à mes proches, iels ne comprendraient pas mes questionnements »

Lorsque qu’on a l’impression d’être la seule personne à boire la tasse dans un bassin où tout le monde semble nager comme un poisson dans l’eau ; c’est dur. Mais, lorsqu’on trouve quelqu’un d’autre à la flottaison approximative, ça rassure.

Parfois, all we need is un peu de solidarité entre personnes qui traversent la même épreuve de vie. Ce partage d’expérience peut effectivement nous rassurer (par l’effet miroir), mais aussi nous permettre de progresser dans nos questionnements de manière plus rapide. Puisque tout le monde est sur le même transat, on peut directement plonger dans le dur et sauter notre pitch sur le doute, le tout avec empathie et bienveillance. Ainsi, certain·es s’orientent vers des parcours d’accompagnement collectifs, d’autres des cercles de parole ou des meetup autour du sujet, etc. Bref, tout est possible.

mais pourquoi en bande ?

Avoir un avis externe sur notre style de nage, notre parcours, et même nos potentielles aspirations s’avère souvent précieux ! Celles et ceux qui nous connaissent depuis longtemps peuvent quelques fois avoir du mal à prendre du recul, projetant une image de nous « datée ». Finalement, iels sont un peu comme nous… Et se (re)découvrir par l’avis et les yeux d’autrui – dans la même situation que nous rappelons le – peut même ouvrir la perspective de nouvelles lignes de nage. D’autant plus qu’en groupe, la pluralité des regards permet de faire émerger une diversité de points de vue. Toi-même, en participant à l’évolution du parcours de nage d’autrui, tu pourras voir quelles valeurs te tiennent vraiment à cœurs, quels projets tu souhaites avoir tout comme la place qui te sied le mieux dans un collectif.

C’est d’ailleurs dans cet esprit de pluralité qu’on t’invite à aller questionner des personnes sur ton parcours (qui te connaissent plus ou moins) dans notre programme La culbute.

Et puis n’oublions pas qu’« en bande organisée personne ne peut nous canaliser ». Ensemble, on a plus de soutien, d’espoir. Cela rend le marathon introspectif plus léger.

Alors, prêt·e à te lancer ? À qui vas-tu parler en premier ?


bonus : un exercice à emporter ?

Avant de se quitter, deux questions pour lancer la conversation avec tes voisin·es (peut-être fellow paumé·es ?) sur le transat :

  • À lancer sur un ton désintéressé pour un max d’effet 👉 « Et donc toi, c’est quand la dernière fois que tu t’es sentie paumé·e dans ta life ? » (n’oublie pas de prendre un air étonné si la méthode marche. Si par hasard la personne a toujours su dans quelle direction nager, l’étonnement sera honnête)
  • Variante sneakier si la version d’au-dessus ne marche pas 👉 « Comment t’as fait pour trouver ce que tu voulais faire dans ta vie ? »
  • Et cette dernière à emporter 👉 « Comment ça va ton taf, vraiment ? » (ne pas hésiter à poser la question 5 fois à la manière des pourquoi philosophiques. Effet relou garanti)

Petit tip : pose la question aux nageur·ses que tu admires le plus/qui ont l’air le plus confiant·e sur leur prochain chrono, je t’assure que tu auras quelques surprises !

👉 Si tu as testé je suis curieuse de savoir quelles réponses tu as eu (tu peux me le dire par email à hello@thewhy.xyz ou par insta).


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