retranscription – l’entreprise-sœur, le nouveau créneau Tinder ?

( 00:00) Apolline – Hello et bienvenue sur Plouf, le podcast qui part à la rencontre de celles et ceux qui ont chaussé leurs brassards pour se lancer dans le grand bain de l’orientation. Aujourd’hui on part à la rencontre de deux personnes en questionnement. L’une a démissionné de son emploi il y a peu, et l’autre se pose des questions sur son rapport à l’entreprise. Bonne écoute !

[Générique]

Apolline – Angéline, K., K. Angéline. Je vais faire comme si vous ne vous étiez pas rencontrées. En gros on s’est dit que ça pouvait être trop cool de vous faire discuter un peu sur vos parcours, vos questionnements d’orientation etc. parce que, déjà, vous êtes deux personnes très cools, mais parce que vous avez des parcours avec pleins de choses en commun. Angéline je crois que je t’ai déjà parlé de K. mais je vais te refaire son petit CV. En gros, K. a changé – je sais que je le dis à chaque fois mais c’est un truc que j’adore. La punchline c’est « K. a changé six fois d’entreprise en cinq ans »

Angéline – Mais non !

Apolline – Et sachant qu’elle est restée deux ans dans sa dernière entreprise donc finalement la punchline a aussi quelques petites nuances – mais je trouve ça quand même trop cool. Et tu te poses pas mal de questions sur l’endroit où tu vas vivre plus tard et la façon dont tu vas travailler après, c’est ça ?

K – Je me pose des questions sur le travail, le salariat et sur … ma place dans la société en général donc ça va même au-delà du travail mais globalement c’est pas mal. À force d’avoir tant démissionné je commence à me dire que le bonheur est peut-être pas dans une nouvelle entreprise.

Apolline – Voilà et donc Angéline a récemment démissionné de son entreprise où tu étais depuis un an et demi

Angéline – Ouais

Apolline – Elle a pris trois mois de pause avant de reprendre un mi-temps en freelance.

Angéline – Ouais

Apolline – T’es super sérieuse [rires], tu me fais ouais tout à fait c’est bon c’est ça. Et Angéline est donc en cours de reconversion dans le théâtre.

S. – Et tu travaillais dans quoi comme entreprise ?

Angéline – Alors moi c’était mon premier job et j’étais dans un organisme de formation qui faisait de la formation continue dans des domaines comme le management, le leadership, l’efficacité professionnelle, le développement personnel etc. J’ai démarré en février 2019 et mon contrat 2019 s’est terminé le 10 juillet de cette année et ça va faire quatre mois maintenant que j’ai quitté ce travail.

K. – C’était une entreprise qui te plaisait, qui t’inspirait ? Enfin, c’était là où tu voulais aller ?

Angéline – Alors à la base… À la toute base quand j’ai fini mes études, je voulais plutôt me diriger – enfin ce qui m’attirait – c’était l’entrepreneuriat. La figure de l’entrepreneur me fascinait assez et j’avais envie d’être dans une posture d’aidant vis-à-vis de ce personnage là et donc je me voyais travailler dans des endroits comme des incubateurs, des accélérateurs de startups et des choses comme ça. Et ça s’est pas du tout passé comme ça [rires] parce que peu d’offres, parce que ceux que j’ai rencontré ça a pas fitté et je suis tombée sur une offre de l’organisme de formation dans lequel j’ai travaillé qui m’a parlé. Je me suis dit « Tiens, c’est vrai j’aime bien la formation en fait ça m’attire en fait quelque part ». Tout ce qui est pédagogie j’y voyais beaucoup de créativité, beaucoup d’innovation, un secteur aussi vachement … je sais pas, dynamique, où ça bouge et moi je suis un type de personnalité comme ça. Donc je me suis dit tiens pourquoi pas, j’essaye, ça peut m’aller. Je tente le process. Et de fil en aiguille, ce truc qui était au départ complètement opportuniste, se transforme en un truc où, pendant le process je me dis « Mais en fait j’aime beaucoup, j’adore cette boîte. J’ai passé un entretien collectif, j’adore les locaux, j’adore les gens que je croise ». Je me dis ça matche, maintenant j’ai envie d’y être ! Et je me souviens, je stressais du résultat de l’entretien final parce que je voulais y être maintenant ! Et là je me dis super parce qu’il y avait moins cette pression du premier emploi. Je me suis dit finalement ça se fait assez naturellement, je trouve un bon fit de base et tout. Et en fait la déception en a été encore plus grande en fait parce que quand j’ai démarré j’étais tout feu tout flamme, hyper investie, hyper motivée, j’avais plein d’idées, j’étais pleine d’entrain et tout. Et puis au fur et à mesure en fait, ben je déchante. Je déchante parce que je me rends compte que la boîte prône des valeurs et des principes qu’elle n’incarne absolument pas. Depuis je me suis fait un mantra où je me suis dit « En fait on a pas besoin de prétendre quelque chose qu’un incarne. Et à partir du moment où on prétend quelque chose, ça veut dire qu’on l’incarnera pas. » Ça c’est vraiment ce que j’ai retenu de cette expérience [rires]. Voilà, j’irai peut-être plus tard dans les détails des raisons qui ont fait que ça n’a pas marché…

Tout le monde  – Non vas-y

Angéline – En fait, au début, j’avais vraiment l’impression que c’était tout beau tout rose. Je me souviens, je disais à mes potes pendant ma période d’essai « Mais ça se passe trop bien ». D’habitude y’a toujours un loup tu sais, y’a toujours une tare mais là non. Je disais « Mais ça se passe vraiment trop bien, je suis contente, mes collègues sont sympas. Je finis à 18h » [rires]

K. – Tu avais trouvé ta boîte-sœur comme on trouve son âme-sœur

Angéline – C’est ça ! La boîte-sœur. Ouais y’avais quelque chose, j’avais l’impression de voir de la bienveillance, du… je sais pas, des choses assez chaleureuses qui rendaient l’endroit sympa. Et puis au fil du temps je me rends compte qu’avec mon manager – celui qui m’a recrutée – je suis fondamentalement mal à l’aise en fait. À partir du moment où la période d’essai se termine, il y a un truc bizarre qui se passe où je me dis « en fait tu te sens pas bien, t’es pas bien là ». Bon là je parle de ça mais, si on rembobine, c’était il y a un an. Un an avant mon départ.

K. – Et tu te rends compte de ça au moment où ta période d’essai s’est finie ?

07:21 « Il fallait que ça tienne »

Angéline – Je m’en suis rendue compte bien après. À l’époque, au niveau perso, c’était… ma vie était assez compliquée. Avec mon compagnon on venait de changer de ville. On était bringuebalés entre différents appartements… En fait au niveau perso c’était compliqué et lui s’était gravement blessé en sport, ce qui faisait que tout était un peu bancale et j’ai analysé bien longtemps après que psychologiquement du coup à ce moment là je me suis blindée et je me suis dit « Le taf, il faut que ça marche. Il faut que là, le taf, ça fonctionne ». Je ne m’en suis pas rendue compte au moment même, mais longtemps après. Et c’est hyper triste quand tu fais ce constat. Moi quand j’ai ce constat il y a quelques mois, ben je m’effondre. Parce que je me dis que ça fait un an que je m’inflige de travailler dans une entreprise où je suis pas bien parce que j’avais besoin de sécuriser des choses mais… enfin, c’était un constat hyper dur à faire. 

Apolline – Mais tu t’en es rendue compte à quel moment ? Parce que là tu en parles comme si t’avais vraiment eu ton déclic en mode « ha ouais je me rends compte qu’avec mon manager je me sentais pas bien ». À quel moment tu t’es dit « ha ouais en fait je crois que le taf il faut que ça marche » ?

Angéline – À quel moment je m’étais rendue compte que je m’étais dit ça ? Heeeeu, y’a six mois de ça.

Apolline – Ha oui donc c’est quand même super récent. Enfin, super récent….

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